Protéger les dauphins ? Oui… Mais après tout, pourquoi ?

Pour notre génération, vivant en France, la protection des mammifères marins est une évidence. Nous n’avons pas le droit de les chasser, de les capturer, encore moins de les consommer. Mais cette vision n’est pas partagée par toute l’humanité. Au-delà de l’incompréhension (et parfois, de la révolte), je trouve que ces approches différentes nous poussent à nous interroger dans l’absolu. Car, au final, c’est vrai… Pourquoi réserve t-on à ces espèces (plus qu’à d’autres) des traitements de faveur ?

  • Tout d’abord, parce que, même s’ils sont très adaptés à leur milieu, ils restent des animaux fragiles. Dans la grande histoire de l’Evolution, le chemin qui a conduit aux mammifères marins me fascinera toujours. Se dire que leurs ancêtres étaient terrestres et qu’ils ont regagné le milieu marin par adaptations successives, jusqu’à pouvoir prolonger des apnées de plus de 90 minutes à plus de 3.000 mètres de fond (c’est le cas du cachalot) restera toujours, à mes yeux, absolument fascinant. Pour autant, les mammifères marins ont conservé le besoin de respirer en surface. Or, la surface est un espace au niveau duquel l’espèce humaine entretient une forte activité, que ce soit pour la pêche, pour le transport de marchandises, pour les loisirs (croisière, plaisance,…),… Plus cette activité se développe, plus les risques de collisions avec les mammifères marins augmentent, d’où l’importance de mettre en place des mesures de prévention pour prévenir ces risques.
  • Ils jouent un rôle-clé dans la vie des océans. Par la nécessité de respirer et de s’alimenter en surface, les mammifères marins apportent, dans cette zone, de la matière organique (notez la formulation poétique…) en grande quantité. Celle-ci agit comme un véritable engrais pour le phytoplancton qui, avec la lumière abondante à cet endroit, peut se développer pour nourrir le zooplancton, puis les petits poissons et petits crustacés,… jusqu’aux plus gros prédateurs. Ils sont donc à la base de la chaîne alimentaire marine.
  • Ils nous renseignent sur la santé des océans. Pour la plupart des espèces sauvages qui vivent dans les océans, la vie est essentiellement tournée vers les besoins vitaux : se nourrir, se protéger et se reproduire. Les mammifères marins, quant à eux, sont dotés d’un cerveau complexe, grâce auquel ils ont pu développer tout un système de communication et de transmission d’un savoir. Ces capacités, caractéristiques de la vie en groupe, leur permet d’être plus « efficaces » sur leurs besoins vitaux et de pouvoir, ainsi, développer d’autres comportements. Les scientifiques considèrent même qu’ils font partie des rares espèces à jouer, c’est-à-dire, à pratiquer une activité n’ayant aucun autre but que celui de se faire plaisir. La « palette de comportements » dont sont capables les mammifères marins est donc large. Mais quand leur milieu de vie est menacé (par l’intensité du trafic maritime et du bruit qu’il génère, par la surpêche, par la pollution, par l’acidification perturbant l’équilibre des espèces,…), le stress ressenti par les animaux réduit considérablement cette palette de comportements. Ainsi, les mammifères marins, par l’observation de leur activité, sont de formidables indicateurs de la vitalité des océans.
  • Enfin, il est vrai que ces animaux bénéficient auprès de l’espèce humaine d’une cote de popularité privilégiée. A quoi est-elle due ? Au sourire anatomique du dauphin ? A leurs incroyables capacités de communication, que nous interprétons comme une intelligence supérieure, une supériorité d’âme ? A leur condition de « mammifères », qui nous rapproche de nous ? La question est ouverte… Mais s’il est important pour l’espèce humaine d’avoir des « ambassadeurs », des êtres desquels on se sent plus proches que d’autres pour prendre conscience de la nécessité de protéger les océans, berceau de la vie,… Alors, soit ! Acceptons cette caractéristique de notre propre fonctionnement. Car les protéger, c’est aussi nous protéger. 

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