« Fendre l’armure », façon Anna Gavalda

Le week-end dernier, le monde entier (disons… une bonne partie) avait les yeux rivés sur le château de Windsor pour partager un bout du mariage princier de Meghan et Harry. Les journalistes n’avaient de cesse de répéter que si le fils cadet de Lady Di était apaisé aujourd’hui, libre de s’engager dans ce mariage, c’était au prix, il y a 2 ou 3 ans, d’un vrai travail sur lui. Un travail engagé après avoir compris qu’il bloquait ses émotions depuis près de 20 ans, après avoir été contraint de marcher derrière le cercueil de sa mère à seulement douze ans.

Sous cet angle, le portrait du prince Harry aurait pu figurer dans le livre que j’étais en train de lire à ce moment-là. « Fendre l’armure », d’Anna Gavalda, publié l’année dernière et tout juste édité en format poche aux éditions Flammarion (collection « J’ai lu »).

A travers sept nouvelles indépendantes les unes des autres, l’auteur cherche à percer l’origine des tourments, mutismes, ou autres troubles de ses personnages. Les portraits décrits sont extrêmement variés : mère-célibataire alcoolique, riche homme d’affaires, enfant désobéissant, trentenaire volage,… Mais tous ont en commun la description d’émotions bloquées, la montée en pression progressive des tensions, où les personnages mettent en place, consciemment ou non, des remparts pour tenir face à cette pression,… jusqu’à ce que le point de rupture soit atteint.

Pour être honnête, le registre utilisé pour certaines nouvelles, grossier voire vulgaire, a bien failli me faire refermer le livre à plusieurs reprises. Pour autant, je pense que le rythme de l’écriture, la précision du choix des mots et la justesse de l’approche pour décrire le cheminement des personnages peuvent permettre au lecteur une identification, même si le personnage en question n’a rien en commun avec lui, à première vue.

Et, presque autant que le texte, ce que j’ai apprécié dans ce livre, c’est l’expressivité de la couverture de cette édition. Comme si, le fait d’ouvrir ce livre et de vouloir passer un peu de temps avec, en déclinaison du socratique « Connais-toi toi-même », traduisait déjà une intention de se voir soi, un peu moins flou.

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